La cité des 4 000 vue depuis le parc de La Courneuve et son lac gelé

La cité des 4 000 vue depuis le parc de La Courneuve et son lac gelé est une oeuvre de Cost trouvé dans le n°951 de Courrier International en illustration du dossier « le 9-3 vous salue bien ». Sans abonnement, je crains que le lien ne fonctionne pas..

Le regard de Spei sera donc une nouvelle fiche pour Un Jour Une Oeuvre pour cette oeuvre sur commande, cette illustration à thème imposé contrastant avec les choix habituels :

Bon, difficile de faire abstraction totale de connaissance du sujet avec le titre, j’essaie de faire sans mais suis forcément influencé…

Je vois dans cette peinture la dualité entre nature et civilisation, encore qu’ici, nous sommes sur une nature contrôlée, paysagée, modelée par la main de l’Homme pour embellir ses grises cités de bitume et de béton.

En premier plan, la nature se compose d’un plan d’eau et d’un petit bois. La main de l’Homme se remarque notamment par les sentes et des pelouses qui semblent contrôlées.

En second plan, ce que la civilisation n’a pas fait de mieux, des immeubles, des cubes, des tours, des parallélépipèdes rectangles (je n’ai pas du utiliser ce mot depuis le collège). Le tout dans des couleurs plutôt ternes à grande majorité grises comme le béton, matériel phare de ce type de constructions. Deux immeubles sortent du lot pour prendre un sens métaphorique. Ils ont tous deux la même forme et représentent une boite d’allumettes à demi ouverte. Celui de droite est d’ailleurs un peu plus ouvert mais je ne pense pas qu’il y ait là un sens particulier. En revanche, les boites d’allumettes ont un sens qui m’apparait assez évident si je me réfère aux émeutes de banlieue quelques années passées. Ces concentrations d’habitations sont souvent marginalisées et ne disposent pas suffisamment d’infrastructure de commerce, de loisirs, d’administrations. Ce qui ne manque pas d’entraîner de nombreuses tensions et parfois quelques dérapages. Ces allumettes représentent pour moi un petit côté poudrière où le mécontentement entraîné par une certaine injustice a régulièrement pour conséquence un embrasement de la jeunesse.

Et le ciel en arrière plan de donner une réelle atmosphère de plomb, où l’on ne sait pas vraiment s’il est l’expression d’une météo particulièrement maussade ou le résultat de la pollution des villes.

Je connais assez bien le lieu de la scène, le parc de la Courneuve est un lieu de nature étonnant et sous une lumière plus printanière en dépit de son voisinage compliqué il y a dans ces allées de bois et ses plans d’eau une réelle bouffée d’oxygène à préserver pour le bien de tous.

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