Bonjour Monsieur Courbet

Bonjour Monsieur Courbet (ou La Rencontre)
Huile sur toile (129 × 149 cm)

Je vois :
– un parallèle entre l’homme à la tête baisée (appelons le, le serviteur) et le peintre : Leurs cannes sont parallèles et La casquette (pas un haute forme) de l’un et le chapeau de l’autre sont tous les deux ouverts au monde et n’ont rien à cacher (Chapeaux= tête). Tels “le bol vide” des bouddhistes ils peuvent être remplis par l’enseignement des autres, par la nature et par la vie).
– Identification du peintre à l’homme du peuple et donc au peuple lui-même ?
– Le feutre du commanditaire est, je suis d’accord avec toi, tenu étrangement et, à la différence des deux autres, tourné vers le sol en position de “chapeauter” (dominer ?)
– les deux cannes et le bâton, si on les prolongent, dessinent-ils un N à l’envers ?
– les trois hommes plus les cannes dessinent-ils un W ?
– Le bâton de marche du peintre crée au sol une ombre qui semble une frontière entre lui et les deux autres personnages. La borne en pierre (désignée par l’ombre de la manche)renforce cette idée de frontière. Dépasser les bornes? Aller au delà de quel peinture ? de quel discours sur et dans la peinture ?
– L’ombre du bâton indique la diligence qui va sortir du tableau. Le peintre voudrait-il fuir quelque chose, s’évader ? Est-ce que le commanditaire vient d’être déposés là par la diligence au milieu du tableau ? Bien sûr il permet, financièrement parlant, à Courbet de peindre mais n’entrave-t-il pas son chemin, sa liberté, par cette commande même d’avoir à le représenter ?
– le peintre, face à l’attitude hautaine du commanditaire, relève le menton et pointe sa barbe vers lui de façon agressive. Son bâton est placé entre eux dans une attitude peu ouverte (en regard de celle du chapeau.
– Les ombres portées sous les deux personnages de gauche sont étonnantes. Elles partent vers la gauche et doivent être celles des feuillages d’un arbre que l’on ne voit pas et qui semble exactement à notre place de spectateur (qui est celle du peintre dans l’atelier).
– Quel lien le peintre fait il entre nous spectateurs et ces deux personnages ? Portons nous une ombre au tableau du type “vous ne pouvez pas comprendre ce que je peins” ?
– l’ombre du peintre par contre diverge vers la droite ! Etonnant non ? Il y aurait deux soleils dans ce paysage ? Ou bien est-ce la preuve que c’est une peinture d’atelier avec deux projecteurs divergents sur le modèles ? ou plutôt cela vient confirmer que tout est symbolique (l’ombre/frontière du bâton nous indique bien quelque chose de précis), que le peintre fait ce qu’il veut et nous mène en diligence !
Tant de questions soulevées si l’on regarde encore et encore.

Ivan Sigg
http://ivansigg.over-blog.com

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Un regard à Bonjour Monsieur Courbet

  1. moi dit :

    alors, je ne vois pas pouquoi vous dites qu’il y a deux soleils! toutes les ombres vont vers la droite et l’ombre qui sur les deux autres personnages, c’est surement un arbre qui est à gauche et donc on ne peut pas le voir! et puis si on veut que l’ombre soit à gauche, il faut qu’on voie le soleil qui est contre nous…

    [Reply]

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