Questions ?

1. Qu’est-ce que je vois ?

Je décris TOUT CE QUE JE VOIS en m’affranchissant de tout savoir sur l’œuvre ou sur l’artiste, de tout jugement et de toute comparaison : construction, couleurs, matières, richesse du langage pictural, codes graphiques, représentations, symboles,…

2. Que nous dit l’artiste ?

Hypothèses sur sa volonté, ses buts conscients, ce qu’il veut provoquer chez le spectateur ou faire partager…

3. Comment s’exprime les désirs profonds de l’artiste dans l’œuvre ?

hypothèses sur ses désirs inconscients, obsessions, terreurs, colère, plaisir…

et quelques autres questions :

Quelles sont  nos craintes devant une œuvre d’art ?
Pourquoi est-il si difficile de dire ce que nous voyons ?
Pourquoi sommes-nous persuadés que nous ne savons pas voir ?
Pourquoi sommes-nous convaincus que notre regard, et sa traduction en mots n’ont pas d’intérêt ?
Pourquoi attendons-nous que « les autres » nous disent ce qu’il y a à voir ?
Avons-nous honte de notre « ignorance » ?
Avons-nous besoin de savoir et de culture pour VOIR ?
Pourquoi ne savons-nous dire que « j’aime » ou « j’aime pas » ?

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2 regards à Questions ?

  1. Ping : Famille de paysans dans un intérieur « Un Jour Une Oeuvre

  2. Ivan Sigg dit :

    Être face à face avec le fait. Être en face à face avec une œuvre.
    De quoi avons–nous peur ? Est-ce d’un fait ou d’une idée concernant le fait ? Est-ce la chose telle qu’elle est que nous redoutons ou ce que nous PENSONS qu’elle est ? Considérons la mort, par exemple. Avons-nous peur du fait de la mort ou de l’idée de la mort ? Le fait réel et l’idée que l’on s’en fait sont deux choses très différentes. Si j’ai peur de l’idée, du mot mort, je ne comprendrai jamais le fait, je ne le VERRAI jamais, je ne serai jamais en contact direct avec lui.
    Avons-nous peur de l’œuvre d’art elle-même ou de l’idée que nous avons d’elle ? N’avons-nous pas également une image de nous même – un conditionnement – qui ne nous autorise pas à « parler sur l’art » : tous ces « je dois, je ne dois pas, il faut, il ne faut pas » ?
    Ce n’est que lorsque je suis en communion complète avec le fait que je ne le crains pas ; c’est-à-dire en supprimant toute distance, toute idée, toute grille, toute théorie et toute image, entre moi et le fait (l’œuvre elle-même). Si je ne suis pas en communion avec le fait, j’en ai peur, et je ne peux pas être en communion avec lui tant que j’ai une IDÉE, une OPINION, une THÉORIE, un PRÉJUGÉ, à son sujet. Je dois donc savoir très clairement si j’ai peur du mot, de l’idée ou du fait. Si je suis libre d’affronter le fait (n’importe quelle œuvre accrochée là, au mur, devant moi) il n’y a rien à comprendre : le fait est là, et je peux agir. Si par contre j’ai peur du mot (œuvre, peinture, art, maître, savoir, histoire…), c’est le mot que je dois comprendre. Je dois entrer dans tout le processus que le mot, que l’idée impliquent.
    Ce qui cause la peur, ce sont mes opinions, mes idées, mes expériences, mes connaissances, mes blessures, mon ignorance, MON SENTIMENT DE N’ETRE RIEN SI JE NE SAIS PAS, mes appréhensions au sujet du fait, mais pas le fait lui-même. Tant que se déroule autour d’un fait le processus du langage, qui lui donne son nom (un titre, une date, une technique, une biographie…), qui permet à la pensée de le juger à la façon d’un observateur, de le condamner, de le comparer, de créer une identification, la peur est inévitable. La pensée est une réaction de la mémoire, et donc le produit du passé ; elle n’existe qu’au moyen de mots, de symboles, d’images et tant qu’elle analyse ou traduit un fait, il y a forcément de la peur. Ce n’est que lorsque l’esprit est silencieux et vide, ce n’est que dans cette passivité vigilante qu’il y a création. Quand cesse la quête de résultat, cessent les problèmes et surgit la compréhension. Notre vide intérieur n’est ni « manque », ni « déprime », ni « non-être »: il est espace infini de création.
    Ce n’est pas une nouvelle méthode ou grille de lecture que nous vous proposons, mais de simplement VOIR LE FAIT ensemble. L’observation d’une œuvre d’art est un jeu bouleversant, pourtant sans succès et sans échec car, à l’instar du jeu d’enfant, c’est un jeu sans attente. L’attention lucide et sans jugement que nous développons ici, avec vous, est un état de créativité humble et ludique ; Cet état d’apprentissage et de compréhension intense n’est autre que l’intelligence.

    19 XII 08

    Ivan Sigg discutant avec le philosophe Jiddu Krishnamurti (1895-1986)

    http://ivansigg.over-blog.com
    http://www.ivan-sigg.com

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