Delicious Paper

La Une de DeliciousPaper offerte à vos regards réalisée par le graphiste Martin Carrese.

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3 regards à Delicious Paper

  1. Eric Meyer dit :

    Je suis face à la Une d’un journal gratuit dont le nom figure en haut, centré sur la page : DeliciousPaper.
    Delicious étant mis en avant par une police de caractère boldée, plus grasse que celle utilisée pour Paper, a pour effet de me faire saliver. Un léger filet noir court au-dessus et en-dessous du titre, sans toutefois en faire toute la longueur. Sous le filet du bas un texte précise et indique qu’il s’agit de matière grise gratuite et du numéro 10 du journal. Le texte noir qui compose le titre est comme légèrement décalé vers la droite et laisse derrière lui une empreinte blanche identique, créant un léger effet de relief sur l’ensemble du lettrage.
    L’image qui compose cette Une est en couleurs (sauf le personnage principal) et le résultat d’un collage numérique incluant objets vectoriels et photographies. Elle n’est pas imprimée à fond perdu, une petite bande blanche en fait le tour, obligeant notre regard à se concentrer sur la page et à ne pas se diluer alentours.
    Les trois couleurs primaires ont chacune leur espace et dominent la tonalité d’ensemble ; rouge en bas, bleu au centre et jaune en haut. L’image représente, debout sur un rocher, un personnage à tête de lapin et à corps humain tenant en sa main gauche un drapeau, un oriflamme (mais de couleur blanche…). En arrière plan, une colline surmontée d’une tour, une sphère jaune (un soleil ). A gauche, dans la moitié basse, une liste de titres commençant par le mot « révolutionnaire » écrit dans un corps de texte plus important que le reste. La largeur du texte de la liste va en rétrécissant, épousant ainsi la forme du rocher sur lequel le lapin se tient. Je vois souvent les lettres RE dans les mots qui composent cette liste.
    Le rocher évoque une montagne australienne (à plus petite échelle) de part sa forme et de part sa couleur, rouge ; un ocre rouge comme on peut également en croiser à Roussillon, en Provence. Ces contours en sont nets et précis, tracés au cutter, aux ciseaux. Sur ce rocher se tient donc debout un personnage à tête de lapin, de trois quart, coiffée d’une perruque de lord anglais dont dépasse deux oreilles pointues. Il est vêtu d’un gilet boutonné, d’une chemise et d’une cravate noire et d’un pantalon qui rappelle un peu le bas d’un kimono. Ces pieds sont nus. Le buste a quelque chose de masculin alors que le bas de son corps évoque plutôt des formes féminines. Le haut de son corps de semble pas appartenir à la même époque que le bas. Il est plus « classique », sobre. Il y a quelque chose d’un guerrier japonais et de « La liberté guidant le peuple » de Delacroix dans ce personnage, la fougue et la révolte en moins. Une main (la droite) est glissée dans la poche du pantalon, attitude décontractée. L’autre tient un drapeau dont la hampe qui semble être une tige de bambou est posée sur sa hanche gauche. Le personnage lapin est en niveaux de gris, noir et blanc (neutralité) et se découpe de l’arrière plan dans une forme banche. Il est immobile, résigné et impassible, pas de poing levé… Le drapeau gonflé par le vent (le lapin est immobile et n’agite pas le drapeau) s’étend vers la droite de l’image et sort du cadre pour revenir traverser par derrière l’intégralité de la page. Il est de couleur blanche au centre de l’image et jaunit sur les côtés. Pas de couleur, texte ou blason, il est vierge. Il dit la paix. Caché par le drapeau qui flotte au vent se trouve une sphère jaune, un soleil dont la texture évoque celle du rocher (il s’agit de la même matière). Une légère bande blanche passe juste en dessous. L’arrière plan est bleu à la base de l’image comme une étendue aquatique vue de haut, on devine le fond, une prairie d’algues, ce qui me laisse penser que le bout de terre sur lequel se trouve la tour est très certainement une île. Sur la droite de l’image, à mi hauteur la ligne de séparation entre l’eau et le ciel, un horizon, renforce cette sensation. Le haut de l’arrière plan est un ciel dans lequel passent des nuages et le bleu vire au jaune comme sur une photo vieillie. Entre le fond de l’image et le lapin, au second plan, un éclaté bleu électrique (contraste avec la tonalité plus fade de l’ensemble de la page), comme la marque d’une explosion sous marine, d’un éclair, peut-être aussi une cassure, un verre brisé. L’île est un rocher sur lequel poussent de petits buissons. Dans la lumière une tour avec deux meurtrières, l’une au dessus de l’autre. Je pense à la cheminée d’une centrale nucléaire…

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  2. ivan sigg dit :

    Un lapin-homme gris, en noir et blanc, me regarde de son oeil noir sans vie (peut-être une lapine-femme?).

    Cet hybride humanoandrogyne est au centre d’un décor tout en roche rouge, en mer bleu électrique, en éclairs acérés, en étocs bleus, en tour prendgarde, en ciel blanc pollué et soleil jaune voilé- crayonné.

    Ambiance étrange avec cette « Île noire » à deux yeux, ce ciel couvert, cette pose figée de l’animaloïde, cette électricité ambiante malgré un gros titre qui nous affirme qu’il s’agit de cérébralité sans valeur sur papier délicieux…

    Le Cuniculus Aristocratus Révolutionarusse aux pieds nus, porte perruque de juge, gilet à côtes col en V, cravate, et jupe culotte.
    Dressé sur son ULURU aborigène (Ayers rock), le ron,geur poilu aux oreilles dans le vent (à l’écoute ?) porte haut l’étant-dard d’une révolution blanche sans slogan (silencieuse ? nihiliste ? royaliste ? sans idéal ?) qui voile le soleil. Sa main droite est dans son froc quand sa main gauche tient la hampe turgescente de sa banderole-oriflamme vide.

    Quel est ce monde isolé estampillé « Révolutionnaire » et « Delicious » ?
    Qui est ce sombre animal insulaire qui dit « réinventer la révolution », soulever « 5 injustices », parler « bonheur » et « culroses » ?

    Frisson

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  3. Spei dit :

    Je vois ici un mélange entre photographie et illustration assez foutraque me faisant penser à la une d’un périodique.

    Je vois en premier lieu une silhouette humaine à figure lapine debout sur un rocher orange très voyant. La tête de lapin est coiffée d’une perruque de style royale de la lignée des Louis français. La silhouette est habillée d’un pantalon façon un peu corsaire, d’un gilet que ne renierait pas mon grand-père et qui a la particularité d’avoir la manche gauche d’une couleur différente du reste du gilet. La manche est-elle coupée ou s’agit-il d’une fantaisie couturière, l’on s’en moquerait presque, ça attire l’œil et c’est bien là l’essentiel.

    Ce bras brun se trouve être un fier porte-étendard, étendard que l’on ne voit d’ailleurs pas et qu’une forme dessinée vient suggéré en arrière plan de gauche (forme allongée vaguesque formant un dégradé de gris et de beige de droite à gauche) comme de droite (forme plus large un peu vaguesque aussi encadrée dans un disque solaire bien grignoté dans un dégradé de beige clair à beige foncé de gauche à droite).

    En arrière plan, je distingue comme un vieux phare ou une ancienne tourelle me rappelant des fortifications un peu à la Vauban et évoquant en moi l’appel du large et les côtes océaniques.

    Le personnage central est détouré d’une petite bande blanche et mis en avant par un habillage peint ou dessiné de type éclair bleu faisant un peu penser à un effet de bande-dessiné quand il se passe un choc violent.

    Ce qui fonctionne bien avec le titre principal à gauche du personnage REVOLUTIONNAIRE. On sent effectivement un petit côté révolutionnaire dans la posture du personnage, ce lapin a quelque chose du provocateur qui vient de tomber la monarchie et porte la perruque de sa majesté pour souligner que celle-ci n’est plus et qu’il représente dorénavant l’autorité.

    Il y a une ambiance particulière dans le traité à cinq couleurs que j’observe là, du bleu, de l’orange, du gris sombre à foncé, du beige clair à foncé et du jaune.

    Le titre enfin, en haut de page, central, visible, DELICIOUSPAPER, matière grise gratuite #10.

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