Mars et Vénus surpris par Vulcain

Mars et Vénus surpris par Vulcain est une peinture de Jacopo Robusti Tintoret dit le Tintoret datée entre 1580 et 1590

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4 regards à Mars et Vénus surpris par Vulcain

  1. ivan sigg dit :

    Etonnante peinture ! Beaucoup de monde pour une petite pièce très éclairée par deux fenêtres à carreaux en culs de bouteille (pourquoi ne sont elles pas peintes à la même hauteur?).
    Une jeune femme quasi nue et alanguie sur un lit en bois très ouvragé. Un vieillard très alerte et en pleine action, ceint d’un pagne rouge. Un gamin nu, qui dort sur le dos, dans son lit d’enfant surélevé en bois ouvragé (dans une pose miroir de celle de la jeune femme). Un jeune homme en casque et armure (pas pratique pour se cacher ni pour fricotter avec une jeune femme nue…), planqué sous une table couverte de lourds tissus rouge et vert, indique un couloir de sa main droite. Un petit chien qui aboie après le jeune homme, mais les trois autres n’y prettent pas attention (pourtant ça doit faire du potin!). Un reflet complexe enfin, en forme d’S, fait de deux corps mêlés dans le miroir rond (c’est ce qui a attiré mon oeil en premier ce S… comme Salop? Satyre? Satan? Serpent? Sodome? il faudrait trouver un mot italien bien sûr… le nom de quelqu’un peut être?).

    La jeune femme n’est pas du tout effrayée par le vieillard, mais pas du tout. Elle ne crie pas. La mollesse de sa jambe droite et de sa main droite (posée sur un oreiller ventru et fendu) nous dit qu’elle ne s’apprête pas à reculer devant le vigoureux vieillard. Au contraire sa main gauche semble soulever un peu plus le voile qui la couvrait. Elle observe intriguée, le geste à venir du vieillard (peut-il encore me procurer quelque chose?). Le vieillard, soulève un petit linge blanc qui cache à peine le sexe de la jeune femme ses muscles sont bandés comme son désir et la pilosité de la femme qu’il nous est interdit de voir, s’étale sur sa face concentrée).
    Leurs poses construisent deux diagonales parallèles. Le vieillard a un genou et une main plantés dans le lit, sa jambe gauche dans le vide, ne trouve appuis que du bout des doigts de pied sur le sol carrelé.

    Le noir et blanc des dalles nous renvoie aux deux masses deux tissus noir et blanc qui se mêlent de façon mathématique et si travaillée sous la jeune femme ( à la Hescher un peu). Les grands cercles des dalles nous renvoient aux petits cercles des fenêtres et au grand cercle du miroir. La perspective des dalles guide notre oeil vers le jeune homme caché et vers une sortie possible par une porte et un escalier. C’est étonnant comment la partie droite du tableau si on le coupe en diagonale est vide.
    Le centre physique du tableau est aussi un triangle vide.

    Quand je zoome sur le miroir étrangement posé devant la fenêtre et plus bas que son rebord (un miroir de peintre donc, pas un « vrai » miroir ?) je découvre que le vieillard a les deux genoux sur le lit et qu’il va prendre la jeune femme par derrière. Je vois donc l’avenir dans ce miroir? (tout au moins ce qui va se passer 5 minutes plus tard ? Ah le pouvoir de la peinture!).

    Mais quel est ce vase en verre si transparent, posé sur le rebord de la fenêtre ? Un symbole de pureté ? de chasteté ? Pour dire que Vénus est toujours vierge ? Toujours vierge après le passage de Mars son amant ? Toujours vierge après tant d’années passées avec Vulcain son mari impuissant (un pan de tissu rouge pend entre ses jambes?)? Et si c’était une astuce de Tintoret pour affirmer que cette peinture (et donc le peintre) est vierge de toute idée graveleuse et donc inattaquable, puisque ses intentions sont transparentes ?

    Et le petit Cupidon alors ? Sur l’espace de la toile il relie bien le mari et la femme (la tête de Vulcain au ventre de vénus. Les trois forment un triangle) mais dans l’espace de la chambre il est loin derrière eux…

    C’est chaud tout ça, non ? Quelle toile audacieuse ! Que de choses à voir !

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    isabelle Reply:

    il y a une très complète description-interprétation dans le livre policier « la tempête » de je ne sais plus qui. Ce bouquin est passionnant pour l »ambiance de Venise et l’art, et particulièrement Giorgone

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  2. CBM dit :

    Il y a une très bonne description de ce tableau par Daniel Arasse (forcèment!) dans son livre « On y voit rien ».

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  3. corbastouf dit :

    Qui est le cocu?
    L’art vrai de vrai est, par une très grande technique et culture, de se moquer de façon subtil… De soi-même, du spectateur et du commanditaire.
    Le miroir magique montre que c’est Vulcain qui va finir ce que Mars avait commencé par entre-prendre, ce qu’atteste le putti alangui. C’est donc Vulcain qui va « boire le nectar de la coupe sacrée », la jouissance, pour le moins, de Vénus… Ce qui, bien évidemment, va faire rigoler les autres Dieux au spectacle…

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