Martyre de saint Sébastien

Martyre de saint Sébastien est une peinture de Andrea Mantegna que nous avions regardé lors de la première session d’UJUO en direct !

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9 regards à Martyre de saint Sébastien

  1. Alexis dit :

    Que de souvenirs avec cette première oeuvre… Ils viennent obstruer mon regard et ce n’est que le souvenir d’avoir regardé, d’avoir partagé un regard qui me vient en tête…

    A lire ici ce que je racontais à l’époque : http://alexis.monville.com/2008/12/17/mantegnaun-jour-une-oeuvre-au-louvre/

    et ce que racontais l’ami Ivan : http://ivansigg.over-blog.com/article-25678944.html

    Et vous que voyez-vous ?

    [Reply]

  2. Je vois un homme qui souffre. Je vois une scène de torture mise sur un piédestal, soumise à notre admiration, presque à notre approbation. Je vois une barbarie raffinée, ciselée qui, sous prétexte d’esthétique, pourrait faire croire à certains que plus on souffre, plus on mérite et que la souffrance grandit. Je vois le reflet d’une époque qui nous laisse encore des séquelles et sera je l’espère, bientôt révolue.

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  3. ivan sigg dit :

    Mantegna-au-Louvre
    Transcription de la visite au Louvre de l’exposition Mantegna
    Le 12 décembre 2008

    Alexis, Jean-François et Ivan (entourés d’une foule qui s’est amassée) sont pendant trente minutes devant un San Sébastien de Mantegna.

    Alexis : Je vois un homme transpercé de flèches et mollement adossé à une colonne. Derrière lui un paysage à gauche avec plein de détails et un autre paysage à droite avec plein de détails. Le même paysage ? Pas sûr.
    Jean-François : L’homme a l’air attaché à la colonne. Peut être par les mains mais on ne les voit pas car elles sont dans son dos. Il est attaché par les jambes de façon très lâche. La boucle est assez grande, c’est clair, il pourrait s’échapper s’ il n’était pas hérissé de flèches.
    Ivan : Il a une position bizarre, un peu maniérée. Son corps fait un S : sa tête et son sternum sont orientés vers la droite, l’abdomen s’oriente vers la gauche, et les jambes à nouveau, s’orientent vers la droite, ce qui crée un S à travers son corps…
    Jean-François : Derrière sa tête, on voit une sorte d’auréole, symbole religieux pour nous dire sans doute que c’est un saint.
    Ivan : Ce saint ne semble pas souffrir (moi je souffrirais plus il me semble avec 15 flèches dans le corps dont deux en travers du crâne !) est attaché/adossé à une belle colonne en marbre rose aux reflets dorés surmonté d’un beau chapiteau doré. Au sol je vois un pavement en marbre noir et en marbre blanc. A ses pieds des blocs de pierre cassés avec des morceaux de sculptures romaines et des bouts de végétation…
    Alexis : Il y a beaucoup de constructions cassées, deux têtes de statues sans corps avec des coiffures romaines, ça fait penser à des sculptures de l’antiquité, un pied avec une sandale romaine, un homme habillé et un angelot.
    Ivan : le corps du saint et la colonne centrale divisent le tableau en deux… L’architecture (le reste d’un temple ?) qui est à gauche de la colonne est vraiment cassée, l’arc est cassé et l’on voit apparaître les briques derrière le marbre couvert de végétation. A droite par contre, l’architecture est intacte. Je vois des lyres et des pots de fleurs en bas-relief. Je vois bien l’arcade. Je vois une sculpture qui pourrait être une déesse romaine, je ne sais pas, elle tient une lance qui va dans le même sens que les deux flèches, celle qui est plantée dans le cou et celle qui est plantée dans le front.
    Jean-François : la partie cassée juste derrière le corps, en tombant au sol, a laissé apparaître une inscription en retrait. C’est en grec ou en latin, je n’arrive pas à voir clairement : « TO EPRON TOYAN APEOR ? »
    Ivan : Le pavage en noir et blanc donne une profondeur. Il y a trois points de fuite. lorsque je dis que la colonne divise le tableau, je vois que les deux paysages ne se correspondent pas. Trois personnes s’en vont sur le chemin ocre rouge à gauche, 1 en rouge, 1 en bleu et un en gris. Des archers semblent-ils ? Ceux qui ont criblé l’homme de flèches et qui s’en vont une fois leur travail accompli ? il semblerait qu’il y ait un lac ou la mer au loin devant eux, puis sur l’autre rive, une colline couverte d’une ville étagée et complexe?
    Alexis : C’est amusant, je viens de voir que dans le nuage en haut, tout en haut à gauche, il y a un cavalier. Il y a même deux chevaux. Il y a un deuxième personnage derrière le cavalier.
    Jean-François : Le décor derrière ce martyr est assez étonnant. A droite, on voit une vallée avec des moutons qui paissent. Une route serpente, arrive à des champs et à des allignements d’arbres (des vergers ?) puis à la mer (ou au lac). A gauche, un petit peu d’eau et un petit bout de vert sont les seuls liens avec le paysage de droite que j’arrive à retrouver en dehors du ciel. Ce n’est pas la même perspective. D’un coté on voit cette ville-mammelon et de l’autre un mur d’enceinte surmonté d’une chaîne de hautes montagnes enneigées.
    Ivan : Sur le lac ou la mer, jevois tout un trafic : des barques, quatre petits bateaux et un voilier beaucoup plus gros au premier plan. Je vois un mat mais pas de voiles. On dirait qu’il est en train de couler.
    Jean-François : Il est dur de situer le personnage. On dirait qu’il est au milieu d’un temple en ruine, un temple romain ?
    Ivan : On n’a pas parlé de son visage, de son expression qui est décalée par rapport à ce qu’il vient de subir. Il a l’air triste. Déçu même. Il lève les yeux au ciel. Il n’est pas vraiment désespéré, il soupire de lassitude. Ce n’est pas de la souffrance. .. Il a quinze flèches plantées mais il n’a pas l’air de souffrir. Son corps se tortillerait plutôt de plaisir ?
    Une dame A : c’est une douleur exquise.
    Jean-François : « Une douleur exquise ? » J’aime bien cela… Que voulez-vous dire ?
    La dame A: Il ne ressent pas la douleur physique mais la douleur de la passion.
    Une dame B : il souffre pour le Christ ! Il souffre pour l’amour de Dieu !
    Ivan : Vous voyez l’amour de Dieu dans le tableau ?
    Dame B : S’il ne ressent pas la souffrance c’est parce qu’il meurt pour sa foi.
    Alexis : En fait, on essaye de lire le tableau sans l’analyser…
    Une dame C : En fait, je vois que les flèches sont exactement sur les lignes des points d’acuponcture ! En fait il est anesthésié !
    Ivan : D’accord… Ce serait donc une planche chinoise d’acuponcture… une façon de transmettre un savoir non officiel ? Ha ha ha !
    Regardez, j’ai l’impression que si l’on suit les diagonales physiques de l’oeuvre, on trouve le coeur du saint au centre du tableau…
    Jean-François : On n’a pas vraiment parlé des quatre personnages en pierre qui, comme le saint, regardent tous ailleurs. Y a par exemple l’angelot qui tient une hotte de fruits, est-ce du raisin ? En bas, une tête qui prend son pied…
    Ivan : Le saint n’a pas perdu trop de sang. Le sang coule à peine des blessures. Par rapport à la gravité des blessures, disons que les filets de sang sont plutôt modérés. J’ai l’impression que les flèches donnent des directions en rapport avec le paysage, comme si elles nous indiquaient des choses à regarder dans le paysage : Les moutons, les montagnes, le temple au sommet de la ville, les gens.
    Alexis : Et lui, qu’est-ce qu’il regarde ? Le ciel ? Le haut de la colonne ? Les cuisses de la déesse ?
    Ivan : Le pagne, c’est la partie blanche du tableau, c’est la partie que l’on voit le mieux, si l’on cligne des yeux, tous ces plis c’est très travaillé, le drapé est bizarre, c’est comme s’il était mouillé sans être mouillé et le noeud est irréel. Son sexe est caché de façon si maniérée qu’on nous le montre !
    Jean-François : On voit la végétation en bas qui commence déjà à repousser sur les ruines tu temple. On n’a pas parlé de la falaise ocre rouge à gauche. Il y a vraiment une terre rouge avec un chemin très raviné. Est-ce que ce sont des sillons de roues ou est-ce le travail de l’eau ? Et ces trois personnages que disent-ils ?
    Ivan : Ils vont vers la ville. Est-ce que ce sont ses bourreaux (ils viennent de martyriser Saint Sébastien le saint anti-pesteux) ou ses adorateurs (c’est le saint patron des archers). Les flèches dans son corps sont elles la métaphore de la peste qu’il prend sur lui pour protéger la ville ? Vu l’orientation des flèches, elles proviennent d’un peloton peu discipliné ! Elles viennent du haut, du bas, de gauche, de droite. Ce sont des flèches de peintre. Comme les sabres du magicien dans la malle des indes. On se dit qu’il y a un truc.
    Alexis : Il y a quelque chose de terrible dans ce tableau sans être terrible du tout.

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  4. ivan sigg dit :

    Alexis,
    à la ligne 33 peux tu supprimer le deuxième « désespéré »
    à la ligne 42 peux tu rajouter un rire
    … un savoir non officiel ? Ha ha ha
    à la ligne 51 c’est maniérée et non magnérée
    merci

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    Alexis Reply:

    C’est fait !
    Enfin 😉

    [Reply]

  5. Emma (8 ans) dit :

    Je vois un homme transpercé de flèches et attaché à une corde devant une colonne.
    Je vois dans ce tableau, un tableau où rentre 2 amoureux dans une arène.
    Je remarque également une dame sculptée avec 2 enfants un à coté et un devant elle.
    Je vois sur la voute un guerrier sculpté.
    Sur le sol je vois des bouts de guerrier.
    Je vois des nuages.
    Je vois dans le nuage un lion qui mange une proie.
    Sur le haut de la colonne, il y a une dame en jupette.
    Je vois une frise sur la droite de l’homme.
    Je vois une montagne rouge sur la gauche.
    Sur la gauche de la colonne, je vois quelques briques en train d’être collées.
    Je vois des pierres en bas qui cachent le tableau.
    Je vois encore des montagnes pleines de neige à droite.
    Autour de la tête de l’homme, il y a quelque chose de jaune autour de sa tête, comme une auréole, il ressemble un peu à Jesus Christ.
    C’est bon c’est tout ce que je vois.

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  6. Jean-Marc dit :

    Mais qui me dira pourquoi il y a trois lapins sur ce tableau ?

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    Alexis Reply:

    c’est une excellente question Jean-Marc…

    trois archers ?
    trois lapins ?

    qui seront les trois qui expliqueront ce mystère… une piste ?

    [Reply]

    Alexis Reply:

    les lapins :
    – le sud ?
    – la vie ?
    – la fécondité ?
    – pâques ?
    – la renaissance ?

    et il n’est pas le seul…

    alors qui saura dévoiler ce morceau de savoir ?

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