La diseuse de bonne aventure

La diseuse de bonne aventure est une oeuvre de Georges de La Tour

Cette entrée a été publiée dans Oeuvres, Regards, avec comme mot(s)-clef(s) , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

7 regards à La diseuse de bonne aventure

  1. jeandler dit :

    Une scéne de genre: la diseuse de bonne aventure.
    Visages statiques dans l’expectative pendant que l’important se joue, en bas, à gauche, le gousset subtilisé (en voie de l’être) et au centre, les ciseaux en action. Qui dans cette histoire est dupe et ne l’est pas? Oeuvre subtilement misogyne.

    [Reply]

  2. SylvieLeBars dit :

    Bonjour 🙂
    Je vois une toile rectangulaire, format paysage. 5 personnages sont représentés, 4 femmes et un jeune homme. La scène se déroule probablement à extérieur, la lumière éclaire la gauche du tableau. Le cadrage sur les personnage est très serré, sont représentés les visages et les corps cadrés un peu au dessus des genoux. Le centre du tableau est occupé par les jeux des mains des personnages, et la moitié supérieure par les regards. Le jeune homme est encadré de chaque côté par deux femmes. Celle qui est la plus à gauche donne ou vient de prendre quelque chose, qui pourrait être une pièce de la main du jeune homme. Le jeune homme a une main ouverte et l’autre posée sur la hanche. La seconde femme tient dans ses mains une médaille que le jeune homme porte en bandoulière. Son geste semble discret. J’ai l’impression qu’elle s’apprête à couper la chaîne. La main d’une des femmes du second groupe tient des cordons qu’elle semble extraire de la poche du pantalon du jeune homme. J’imagine les cordons d’une bourse… On ne distingue pas les mains de la quatrième … Les regards maintenant … ils sont très intenses. La femme qui tient entre ses mains la pièce regarde intensément le jeune homme, celle qui dérobe la médaille a un regard en coin… elle semble surveiller que son geste n’attire pas l’attention.
    Les couleurs du tableau sont très chaudes : orange, daim, saumon … Le jeune homme semble richement vêtu. Les quatre femmes semblent elles aussi porter des vêtements très recherchés, brocards, broderies. Trois d’entre elles ont la tête couverte, avec chacune une coiffe différente, une seule qui porte un fichu autour du cou, porte ses cheveux bruns longs détachés. Celle qui porte les cheveux détachée semble jeune, alors que celle qui tient une pièce dans la main est âgée, avec la peau parcheminée.
    La composition de cette toile est parfaite pour le sujet … Elle attire le regard vers les yeux des personnages, et vers la main de la personne qui tient une pièce … et ce n’est qu’en suite que l’on distingue les vrais enjeux de la scène 🙂

    [Reply]

  3. Spei dit :

    Je vois quatre femmes et un homme d’un autre temps (costumes).

    Deux personnages sont au cœur de la scène car scène il y a et il se passe quelque chose rien qu’à voir leurs positions et les regards, l’homme au centre de la scène et de la toile et la femme située sur la droite, bien plus âgée que tous les autres.

    J’ai longtemps hésité sur le sexe du personnage central tant je trouve du féminin dans ses traits mais son costume, l’absence de formes et ce visage que je regarde plus longuement me persuadent de sa qualité d’être masculin.

    La femme âgée semble captiver l’attention du jeune homme, par le regard et par un objet, sorte de petit disque noir, peut être une pièce, tenu dans sa main droite. Il s’agit peut être d’un paiement du jeune homme pour un service rendu ou promis. La tête de cette femme est incroyable, digne des photographies noirs et blancs de ces vieillards asiatiques aux figures si marquées.

    L’homme semble très attentif et suspendu aux faits et gestes de la vieille femme. Une main tendue, vers la main droite de celle-ci et l’objet que je pense être une pièce.

    Les trois autres personnages qui au premier coup d’œil ne présentent pas plus d’intérêt que cela sont finalement aussi importants que les deux autres. Leur regard pour commencer, surtout celui de la femme située entre les deux personnages principaux est insistant.

    Le jeune homme est observé sous toutes les coutures et j’en viens à décrire ce que je n’avais pas vu au premier coup d’œil, ce pauvre diable est en train de se faire dépouiller d’habile manière. Une montre ou une médaille d’un côté, une chaîne ou le cordon d’une bourse qui y mènera probablement de l’autre.

    Tout semble ici attester d’un coup monté.

    [Reply]

  4. Ivan Sigg dit :

    La vieille et le jeune homme (elle parle pour détourner son attention. La « miss direction » des illusionistes)
    — Hé beau gosse je te dis la bonne aventure ?
    — D’accord mais n’essayez pas de m’embrouiller, je vous ai à l’œil !
    — Relaxe, pas d’problème, je vais te dire si tu vas bientôt rencontrer l’amour. Au fait on paye d’avance.
    — Voilà la vieille et fais vite, on m’attend.
    — Tu crois que je vais te dire l’avenir pour une pièce de en cuivre ? Aller, ne sois pas chiche, ton parfum et ta mise me disent que tu es de bonne extraction, allonge un peu d’or, j’ai une famille à nourrir.
    — Mais c’est de l’or, c’est pas du cuivre.
    — Ah bon, j’aurais cru. Tu es sûr ? Regarde, elle est toute oxydée ta pièce!
    — Je te dis que c’est de l’or. Dépèche toi ma patience est en train de s’envoler !
    — Bon ça va, ca va, donne moi ta main gauche que je lise tes sillons d’amour, d’argent et de vie.

    Une œuvre en teintes chaudes
    La lumière vient de la droite des personnages
    Les cinq têtes sont comprises dans une bande horizontale étroite supérieure.
    Les regards traduisent les pensées des cinq personnages.
    Huit mains (il en manque deux) sont rassemblées dans un rectangle qui fait environ 1/6ème du tableau.
    Sur la robe brodée de la vieille femme deux aigles vont dévorer une fleur.
    Le profil de la voleuse de bourse et la perle pourraient être un clin d’œil à Vermeer.

    Une spirale de la forme d’un nautile (sans doute construite sur le nombre d’or) préside à la construction du tableau. Relions les points de 1 à 12 pour comprendre ce qui se trame :

      1- l’œil rusé de la vieille
      2- les yeux aux aguets de la voleuse de montre
      3- les yeux méfiants du jeune homme
      4- les yeux de la belle brune qui observe la voleuse de montre et qui (sa main gauche ?) va récupérer la montre
      5- Le profil du visage puis la courbe du bras droit de la voleuse de bourse
      6- la courbe du vêtement de cuir du jeune homme
      7- la pointe de l’index de la vieille
      8- l’avant bras droit de la vieille
      9- la courbe de la main droite de la vieille
      10- le petit doigt incliné de la main gauche du jeune homme
      11- la main droite au stylet de la voleuse de montre
      12- Sa main gauche qui tient la montre

    Le centre psychologique du tableau c’est donc l’acte de couper le cordon (de la montre) mis en scène sur un fond noir. Métaphore du temps qui est suspendu ? De l’enfance qui va disparaître ?

    Le centre physique du tableau c’est le cœur du jeune homme (tracez les deux diagonales). Il est donc question d’amour ? Le jeune homme s’est arrêté devant la bohémienne car il veut savoir si l’amour va surgir dans sa vie ? Et s’il s’agissait, de façon déguisée, de sexualité ? de rite de passage de l’adolescence à l’age adulte , La vieille serait alors la mère maquerelle qui dirait « quoi tu veux une de mes filles pour une pièce de cuivre ? Tu n’auras que des attouchements à ce prix là mon coco ! » Et c’est ce qui se passe : les trois jeunes prostituées sont en train de lui faire des attouchements et l’une va lui retirer la ceinture du pantalon… ?
    ou bien la vieille dit carrément « OK, ca va, c’est de l’or, laquelle tu veux mon mignon? »
    Qu’est ce qui pourrait confirmer ce message caché ? Je constate que deux glands dorés et une forme fuselée marron ont été mis en évidence par le peintre au premier plan en parallèle avec l’acte de trancher le cordon : Une jeune femme va l’aider à couper le cordon avec l’enfance (et donc avec sa mère) et son sexe dirigé vers le sol va pouvoir enfin se dresser… ?
    Ivan

    [Reply]

  5. Ivan Sigg dit :

    Ma fiche de lecture sur la diseuse de bonne aventure :
    Il m’a fallu 1h30 pour faire cet intense travail d’observation puis de questionnement, mais je n’ai pu l’accomplir que parce que Sylvie et Jean-François avaient largement « déblayé le terrain ». Autrement dit, leurs descriptions fines, leur attention sans ego (hors de leur conditionnement, de leurs opinions et de leurs affects) m’ont permis de développer ma propre attention ; leurs regards sans préjugés m’ont donc éclairé et quelque chose de neuf a pu surgir qui m’a moi-même surpris.
    Jean-François : « le coup monté » était en apparence contre le jeune homme, en réalité c’était nous spectateurs qui étions piégés par le peintre qui adressait un sens caché à notre inconscient…

    (Alexis peux tu remplacer le smiley incongru par le chiffre 8
    et écriré dirigé au lieu de diriger dans la dernière phrase)

    [Reply]

    Alexis Reply:

    Merci Ivan !
    Je viens de faire les modifications demandées !

    On voit là que le travail d’attention permet un vrai travail de création !

    Excellent !

    [Reply]

  6. DELPORTE dit :

    L’une le séduit, l’autre l’interroge, la vieille le captive, la quatrième le vole, et lui, sceptique, ne sait que faire ni qui croire, dubitatif et sottement menacé, main pliée sur le flanc :
    – Zut, cosi fan tutte, que me veut-elles toutes ?

    Gageons qu’il s’en dégage d’un même leurre bien mâle !!!

    [Reply]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *