Don Quichotte

Don Quichotte est une oeuvre d’Honoré Daumier datée de 1868.

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2 regards à Don Quichotte

  1. Eric Meyer dit :

    Je vois un tableau découpé dans sa hauteur, verticalement, en trois zones. La première, en partant du haut, de couleur bleue, le ciel, la seconde au milieu de couleur ocre, terre, une colline, et la troisième en bas, de couleur blanchâtre, jaune, le sol. Au premier plan, un cavalier et sa monture. 
Ces trois espaces de couleurs posés verticalement donnent au tableau une profondeur, un regard qui se pose à l’horizontal. Partant du bas, du sol, mon regard empreinte le petit sentier qui sillonne à droite du tableau, rejoint le haut de la colline et atteint l’endroit où se découpe sur l’horizon la silhouette d’un arbre, d’un sapin, qui marque le point culminant, la limite du connu. Au-delà de ce point je ne vois plus rien mais je devine que le cavalier vient de ces terres inconnues. Son trajet est celui inverse de celui que vient de parcourir mon regard et son ombre nous indique qu’il progresse le soleil dans le dos, qu’il avance vers l’ouest. La diagonale crée par sa lance et la patte arrière de sa monture (du haut gauche vers le bas droit) nous indique le sens de son déplacement comme le ferait une flèche directionnelle.
Il semble faire très chaud et le cavalier comme ça monture, difficilement identifiable comme un cheval (pourquoi pas un dromadaire, une chèvre?) semble fondre comme neige au soleil, comme la cire d’une bougie. Le cheval (?) est très maigre, ses os sont saillants, ses oreilles tombantes, ses pattes torses, ses genoux cagneux, une trace noire le long de son oeil ressemble à une larme, son expression est douloureuse… Il est très fatigué, épuisé.
Le cavalier semble être dans le même état. Equipé d’une lance et d’un bouclier, d’une armure sur le haut de son corps, son visage a disparu et n’est plus que matérialisé par une forme marron, sa jambe est à nue et se confond avec la selle. Je pense à un écorché de Fragonard, le noble chevalier semble bien loin… Il est un homme comme moi, fait de doutes, d’interrogations, de souffrances mais aussi d’espoirs puisqu’il continue d’avancer…

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  2. virginie Bréham dit :

    Le chevalier n’a pas de regard. Il est comme le bonhomme en bois qui guide les jeunes dessinateurs et décore les ateliers des plus anciens. Le cheval, bien que maigre et fatigué fait mine par le mouvement de sa tête d’une volonté à porsuivre sa route. Continuer à mener son chevalier jusqu’où d’ailleurs?
    La question de la nature de la quête se pose ici, à travers la facture et la représentation de ce Don Quichotte. Quant à l’endroit d’où il vient, la limite du connu évoqué par le sapin au loin me parle aussi.

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