La Chambre Bleue

La Chambre bleue est une œuvre (huile sur toile) de Suzanne Valandon datée de 1923 à voir au musée de l’Évêché à Limoges.

La Pinacothèque de Paris programme une importante exposition des œuvres de Suzanne Valadon et de Maurice Utrillo du 6 mars au 15 septembre 2009.

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3 regards à La Chambre Bleue

  1. fbrahimi dit :

    A la lecture du titre je pensais découvrir un tableau de Matisse mais non… plus moderne moins gracieuse mais un semblant de réalisme

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  2. Il est vrai que Matisse a peint de nombreuses odalisques mais jamais aussi dodues…
    http://www.impressionism-art.org/img994.search.htm?sessionid=d813dfae8181a7e9c72bb5ddb8592049

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  3. Ivan Sigg dit :

    Suzanne Valadon

    J’avais dit à Irène de venir vers 8 heures car la pose durerait toute la journée. Pas de problème Mame Valadon m’avait-elle répondu, c’est vous qui payez.

    Avant qu’elle n’arrive, j’avais arrangé le divan au fond de l’atelier en le recouvrant d’un grand coupon de coton bleu, couvert d’imprimés blancs à feuilles de lierre, acquis récemment au Marché Saint Pierre. Un autre coupon du même tissus, divisé en deux, m’avait permis d’installer deux rideaux qui encadraient la scène. Bon le mur du fond était pourri d’humidité et s’en allait en plaques lépreuses, mais je n’allais pas le repeindre pendant la nuit pour les beaux yeux d’une modèle !

    Je n’ai pas eu le temps de dire ouf qu’Irène était déjà nue devant moi, les mains sur les hanches et le menton inquisiteur. Les rondeurs de son corps, toutes en graisses féminines aimables, emplissaient l’atelier, me débordaient, me subjuguaient… fichtre quel morceau me disais-je à chaque fois.

    Irène : Alors qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui Mame Valadon ?
    Suzanne : Hé bien cette fois, j’aimerais que vous gardiez votre combinaison rose et que vous passiez ce bas de pyjama de mon mari.
    Irène : C’est pas banal mais enfin, je me rhabille !
    Suzanne : mettez ce gros oreiller blanc dans votre dos et prenez une pose à demi allongée, comme si vous attendiez quelque chose… votre homme peut-être. J’aime bien quand vos cheveux noirs sont ramenés comme aujourd’hui en chignon, ça vous va bien.
    Irène : merci Mame. J’regarde vers vous ?
    Suzanne : non, vers la porte s’il vous plait. J’aime bien comment votre ventre prend possession du pyjama, et comment votre sein droit vient s’alanguir lourdement dessus. Vous allez rire, mais on dirait qu’il y a une tête d’oiseau dont le têton serait l’oeil.
    Irène : ha ha ha. Les hommes aiment bien mes seins, moi je les trouve trop gros. Certains jours j’aimerais bien avoir les vôtres.
    Suzanne : Ces rayures vertes et blanches vous vont bien.
    Irène : Ca me grossit pas un peu ?
    Suzanne : non, vous êtes une belle grosse femme, avec ou sans rayures. Tenez, pour rire un peu, voulez-vous bien tenir cette cigarette entre vos lèvres Irène ?
    Irène : Ca va encore faire jaser Mame Valadon, vous le savez, mais bon ça me dérange pas. ET je fais quoi de mes grosses mains ?
    Suzanne: surtout vous les cachez pas, elles sont belles des heures de ménage qu’elles ont accomplies.
    Irène : ça y est, on commence ?
    Suzanne : Y a l’ocre rouge et l’ocre jaune du mur qui me chiffonnent, il faut que j’en retrouve une touche ailleurs. Et puis j’aimerais que le spectateur pense que vous êtes une femme émancipée, qui fume, qui met des habits d’homme et qui est une intellectuelle qui en a dans le crâne… tenez ces deux bouquins feront l’affaire, ce grand Rimbaud rouge et ce petit Shakespeare jaune… cela fera un contrepoids à la masse de vos chairs…vous savez que vous êtes désirable comme ça ?
    Irène : arrêtez Mame Suzanne vous allez soit me faire rougir soit me mettre en colère comme l’autre jour !
    Suzanne : Prenez le visage de celle qui n’attend plus l’homme, pensive et désabusée. Vous savez, Irène, je vais peindre le bleu et le lierre à la Van Gogh, bien froid et tourmenté, et le mur du fond à la Gauguin, bien chaud et vibrant comme un triangle sauvage qui s’ouvre derrière vous, .
    Irène : L’heure tourne, faut arrêter de parler et se mettre à peindre Mame Valadon si vous voulez mon humble avis.
    Suzanne : J’ai qu’une envie c’est de m’allonger à côté de vous et de fermer les yeux… mais vous avez raison, je m’y mets, couleurs, térébenthine et siccatif sauvez moi du désir !

    http://ivansigg.over-blog.com
    http://www.ivan-sigg.com

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