Quatre femmes en rêve

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Quatre femmes en rêve est une œuvre (encre de chine au calame, aquarelle et timbres) de Ivan Sigg datée de 2006. Ce dessin est issu de la collection « AUTOUR DES TIMBRES » Dessins aquarelle, encre de chine et timbres de collection oblitérés sur papier verger Format 25×32 cm. A retrouver dans le numéro 1 du COLTIN GRAFIK consacré à la mythologie grecque.

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4 regards à Quatre femmes en rêve

  1. Alexis dit :

    Dire ce que je vois… Encore moins facile lorsque l’on commence à connaitre l’auteur… Laissons parler d’abord les enfants…

    Léna, 12 ans, 5ème :
    Je vois 4 femmes…
    Je vois un timbre avec un vase et deux personnes cachées derrière…
    Derrière un aéroport avec des gens…
    Je vois 3 femmes qui ont des feuilles pour se cacher, pour cacher leur corps…
    L’autre timbre, il y a un satellite et une lune…
    La dame est cachée dans un tonneau…
    Il y a une femme qui a une espèce de baguette magique et il y a un truc bleu et violet qui sort de sa baguette magique…

    Thomas, 13 ans, 4ème :
    Ici, je vois une feuille, une feuille et une feuille, des têtes et un rouleau…
    Deux jambes et un bras… [en montrant la femme en vert]
    Deux timbres, ici et là…
    Un poteau avec du rouge qui représente une flamme, je pense…
    Je vois en bas à droite la signature…
    Voilà…

    Emma, 6 ans, CP :
    Je vois des gens, des feuilles, des grenouilles…
    Un rouleau qui enroule un humain…
    Un arbre qui est derrière…
    De la fumée qui est la bas derrière sur la montagne…
    Je vois des timbres… 2 timbres…
    Je vois une colline derrière…
    Et c’est tout…

    Les enfants sont ensuite réunis tous ensemble, ils prennent connaissance des notes que j’ai prises et commencent à raconter d’avantage :
    L : Tout le monde se cache, ils se cachent tous…
    T : Les timbres c’est le peintre qui les a dessiné ? [je crois qu’il les a collé dessus] Je pense que c’était pour décorer une lettre avec un truc lourd dedans ?
    E : Les humains sont déguisés, ça ressemble à une histoire, on dirait qu’on est plutôt dans un livre.
    L : En fait il a fait deux signatures
    T : On a l’impression que les femmes déguisées volent, elles volent parce que si l’on regarde la colline derrière on voit que le sol s’affaisse sous son poids et elles ne touchent plus terre, elles s’envolent.
    E : Je trouve que c’est beau ce tableau, tout n’est pas de la même couleur, quelques couleurs sont mélangées, les couleurs sont belles, je trouve ce tableau magnifique.
    T : ça manque de couleur, tout n’est pas coloré
    T : On dirait un Elfe, il a une oreille pointue.
    E : Je crois que l’Elfe c’est le vert
    T : Ah non ! Les Elfes, ce n’est pas vert ! [comment tu le sais ?]
    L : Elles cachent leurs corps et en plus elles sont cachées par la colline, et en plus, elle jette un sort avec sa baguette.
    E : Je trouve que cette feuille, celle avec un timbre, on dirait qu’elle ressemble a un truc de guerre.
    T : Sinon, j’ai remarqué que les couleurs correspondent aux couleurs des timbres
    T : J’ai l’impression que le tonneau est transparent, le bleu à l’intérieur est le même que celui de la colline et donc l’arrière est transparent
    L : Je ne pense pas, je pense que le tonneau est bleu…

    J’avais fait l’exercice aussi… et cela donne cela :
    Quatre femmes en rêve, le nom de l’œuvre me conduit a identifier immédiatement les quatre personnages du tableau comme étant les quatre femmes annoncées. Le maquillage de celle enfermée dans un tube me le confirme. Mais quel est donc ce tube ? Un bain de vapeur, une balle ? Les autres femmes sont dissimulées par des feuilles. Chaque feuille comporte un motif différent. La première en partant de la gauche, celle sur laquelle est collé le timbre Cubain, comporte un motif ressemblant à un camouflage militaire. Par association d’idées les autres motifs des feuilles, rayures noires et bleues obliques et rayures noires et jaunes horizontales me font penser à des sortes de grades. Revenons à ce que je vois, la femme sur la gauche arrive avec dans la main droite une sorte de torche diffusant une importante fumée qui s’élève au dessus d’elle. Elle me paraît assez effrayante et me semble apporter la destruction. Elle porte une chapeau bleu à plusieurs bords. Elle porte dans la main gauche une autre barre… Cela aurait pu être une torche, mais cela se termine par une autre feuille couvrant l’oreille de la femme du centre. La femme du centre lève les yeux vers celle du tube. Elle l’implore ? A moins que ce ne soit vers le ciel ? Celui du satellite et de la lune du timbre en provenance du Nicaragua ? La dernière femme de couleur verte a les yeux maquillés de jaunes, elle porte un foulard qui lui cache les cheveux et les oreilles, elle semble plus mobile et plus libre que les autres.

    Et maintenant que j’ai fini la fiche du jour et que je « sais » que cela pourrait avoir un rapport avec la mythologie grecque, je me demande de quel rêve il s’agit…

    Et vous ?

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  2. Ivan Sigg dit :

    Celui qui a réalisé cette oeuvre se régale à lire vos regards croisés et vous remercie de le lui faire partager.

    Petites mise au point:
    – Ce dessin aquarellé n’a pas de rapport avec le thème « mythologie » même s’il est visible sur le site de Siranouche, créatrice du Fanzine « Coltin Grafik ».

    Comment je procède :
    Je n’ai aucune idée de départ ni aucun thème. Je trempe mon calame dans l’encre de chine et je réalise un dessin automatique les yeux fermés. Ensuite je fais « parler » ces traits noirs et ils deviennent des constructions et des figures. A ce stade, pour cette série de dix dessins, j’avais décidé d’intégrer des timbres de collection oblitérés (je les achète au kilo) qui seraient le point de départ du travail d’aquarelle; manière également d’introduire un élément de réalité, ici deux commémoration de l’histoire de la conquête de l’espace.
    De nombreux éléments du dessin (formes, tâches, couleurs) sont donc nés en observant et en prolongeant ces timbres.
    Voilà sans doute pourquoi il y a quelque chose d’aérien, de flottant dans la couleur et dans la composition. Je me dis que ces quatre femmes observent le monde et partagent leurs regards alors que pendant ce temps les hommes tournent dans l’espace avec leurs gros jouets couteux.
    Un satellite rouge fait office de sexe pour la femme de gauche; en écho le tube d’où sort la femme de droite qui semble rêver les yeux fermés; l’orbite de la lune semble se diriger vers cet orifice. Une seule femme me semble dissimulée, celle qui est dans le tube. Les trois autres offrent les nervures de leurs corps au regard du spectateur. Ce sont des femmes/feuilles fragiles. Elles ont quelque chose de personnages africains avec leurs grands boucliers peints. La femme de gauche tient une torche éteinte qui fume encore. De sa main droite elle semble simuler la feuille/cerveau de la femme qui se tient à ses côtés. Il y a peut-être une idée de transmission de mère en filles? Une seule me semble réelle, celle qui rêve dans son sauna…
    Etonnant de trouver tant de choses à entendre et à dire sur mon propre dessin.
    Merci encore à Léna, Thomas, Emma et Alexis.

    [Reply]

  3. Spei dit :

    Un peu en retard, voici ma vision, sans avoir lu les autres commentaires comme on avait regardé les Mantegna.

    Je vois donc quatre femmes, sans surprise au regard du titre de l’œuvre 😉

    Deux choses me surprennent alors.
    La femme de droite, la plus visible on va dire du fait de ses proportions, semble entrée dans une sorte de canon. Son visage semble pour autant assez serein.
    Les deux autre femmes proches d’elles sont habillées étrangement, d’une sorte de feuille géante. Les feuilles ne sont exactement les mêmes et diffèrent avant tout par leurs motifs plus que par leurs formes.
    Elles semblent observer la « femme-canon » et en même temps comme attendre leur tour de pénétrer ce canon.

    La quatrième femme, tout à gauche de la scène est différente des trois autres, tant par la posture, que par la feuille beaucoup plus grande que les autres. Elle tient une sorte de torche, dans sa main droite, qui fume. On ne distingue pas trop ce que fait sa main gauche qui pourtant est tendue. Sa posture générale ainsi que sa coiffe, sorte de couronne hérissée me rappelle la silhouette de la statue de la liberté. Cette femme m’apparaît comme détentrice du feu du canon.

    La scène est imaginaire, tendance un peu futuriste. Les couleurs sont assez gaies si ce n’est la fumée noire un peu inquiétante de la torche. L’ovale bleu sombre en arrière plan me fait penser au ciel, voire à l’espace. Cela me fait penser à une forme de métaphore dans la quête d’un ailleurs. Ces femmes seraient des sortes de colons, la femme symbolisant le mieux à mes yeux la fécondité d’un ailleurs. J’imagine que les deux timbres qui accompagnent l’œuvre ne sont pas étrangers à l’inspiration de l’auteur. Ils semblent représenter pour l’un un timbre de Cuba avec une approche similaire de conquête de l’espace. Pour l’autre, un timbre du Nicaragua, avec un satellite et ce qui semble être une planète ou peut être la Lune en arrière plan.

    Je viens de lire les autre commentaires, fascinant 😉

    [Reply]

  4. Ivan Sigg dit :

    formidable ton commentaire Jean-François.
    nos mots à tous (jeunes et moins jeunes)sont différents et pourtant ils se complètent, ils s’imbriquent, ils se font écho, ils s’épaulent. L’oeuvre ne s’épuise pas, au contraire elle se révèle et nous révèle, et nous nous enrichissons à chaque version.
    C’est génial ton « elles semblent observer la femme-canon et en même temps comme attendre leur tour de pénétrer (ou d’être) ce canon » Oui il y a du désir, de l’attente et du partage chez ces femmes… et du questionnement : peut-on devenir canon ? Qu’est-ce qu’un canon ? Qui définit les canons de la mode ?Au fait, un canon n’est-ce pas une arme d’homme ?
    Si la statue de la liberté est la détentrice du feu du canon alors il y aurait un discours sous-jacent où se mêlerait le sexuel et le politique. l’Amérique mettrait le feu à quoi ? D’où la présence de ces vieux timbres soviétiques et nicaraguayens ?
    Tes mots m’ouvrent les yeux. Fascinant.

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