La robe de Camille

La robe de Camille (Madame Claude Monnet) est une huile sur toile (53 x 71,7 cm) de Auguste Renoir datée de 1874. Elle est visible au Musée Calouste Gulbenkian de Lisbonne.

Un audioguide sur mixavenue en provenance du Musée Critique de la Sorbonne qui propose des lectures d’œuvres très intéressantes.

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2 regards à La robe de Camille

  1. JaneK dit :

    Cette robe a une histoire, bien sûr, qu’elle a entamé, comme tous les vêtements, après avoir quitté la boutique où elle a été achetée, après maints essayages et mûres réflexions. Auguste Renoir a envie de raconter cette histoire. Elle est si belle, la robe, et Camille y tient tellement ! Elle s’est d’ailleurs allongée avec précaution, pour ne point trop la froisser et mettre en évidence les grands pans de broderies dorées qui en décorent le devant. C’est pourtant sur le bleu du tissu que le pinceau d’Auguste Renoir s’est attardé, sur ce bleu qui se fond dans le décor de la pièce et sur ce tissu dont les plis épousent si parfaitement les formes extérieures à Camille, celles du lit et du sol, à ses pieds. Jusqu’au galon du bas qui poursuit la découpe du couvre-lit. Auguste Renoir a attaché peu d’importance aux pieds, comme négligemment chaussés, de Camille. Ils permettent juste au regard de parcourir la peinture à la composition classique, en diagonale, des pieds à la tête de Camille et de s’attarder sur cette masse noire de cheveux, sous laquelle on devine le calme patient de cette femme, sage et concentrée dans le plaisir du peintre, un plaisir qui lui est familier. C’est alors seulement que notre regard arrive sur la table voisine. Si le journal que Camille tient dans sa main droite participe du décor et de sa pose, ce n’est pas le cas du bol. Le bol porte, comme la robe, la trace de la vie de cette femme. Camille a posé sa main gauche à coté comme pour se rassurer. Absente dans le vague de son regard qui cependant nous domine, Camille Monet est fortement présente par ces objets qui lui sont proches et personnels, la robe et le bol, deux témoins d’une vie.

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  2. Ivan Sigg dit :

    Très juste et très belle description poétique Janek.
    Nous somme en train d’élaborer un questionnaire avec Alexis, qui pourrait servir de guide à tous les intervenants qui veulent faire une « fiche de lecture d’oeuvre ».
    Une description objective totale de l’oeuvre me semble importante avant toute interprétation, pour aider ceux qui n’ont jamais appris à lire une image.
    Ici, il faudrait parler des doigts écartés de la main gauche et du fait de mettre un journal dans les mains d’une femme (le désir du peintre).
    Il me semble qu’il n’y a pas de plaisir sur le visage de Camille mais plutôt une moue de fatigue, de dédain ou un vague à l’âme.
    Si l’on coupe le tableau en diagonale du bas gauche vers le haut droit on trouve dans le triangle supérieur, les chaussures et la tête, et dans le triangle inférieur, seulement des tissus.
    Après avoir épuisé les observations (que voit on ?), on pourrait alors convoquer « la « femme à l’éventail » de Klimt pour comprendre l’esthétique du tableau de Monet. l’olympia de Manet et la Vénus d’Urbin du Titien pourraient être aussi invitées pour discuter de leur parenté avec Camille…

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